Carrefour se lance dans la livraison de repas aux salariés en avalant Dejbox
Publié le 07/01/2020

Dans un contexte de perte de vitesse dans les hypermarchés, le géant français acquiert une start-up spécialisée dans la livraison de repas dans les entreprises.


Le groupe Carrefour poursuit son offensive dans le digital afin de compenser la baisse d'activité dans les hypermarchés. Le géant français de la distribution annonce en effet la prise d'une participation majoritaire (60%) dans le capital de la start-up Dejbox.

Cette dernière est spécialisée dans la livraison de déjeuners "pour les salariés situés en zones périurbaines". Le montant de la transaction n'a pas été communiqué. Dejbox revendique un chiffre d'affaires de plus de 10 millions d'euros en 2018 et vise près de 20 millions en 2019, selon la société.

Dejbox a été créée en 2015 par deux entrepreneurs, Adrien Verhack et Vincent Dupied, qui restent au capital, a précisé lundi à l'AFP une porte-parole de Carrefour. Dejbox livre des repas préparés chez des traiteurs et restaurants partenaires, à destination des salariés des entreprises travaillant en périphérie urbaine (plus de 10 millions en France), "qui bénéficient très rarement d'un système de restauration collective", souligne Carrefour dans son communiqué.

400.000 repas livrés par mois

Présente à Lille, Lyon, Paris, Bordeaux, Nantes et Grenoble mais aussi dans des centaines d'autres villes et communes environnantes, Dejbox livre chaque mois plus de 400.000 repas.

Selon Carrefour, Dejbox se singularise par rapport aux autres plateformes de livraison de repas par le fait qu'elle emploie 140 "préparateurs livreurs salariés", et non pas sous le statut d'auto-entrepreneurs.

Qualifiée de "stratégique", cette acquisition doit permettre d'étendre la clientèle de Carrefour "aux salariés des TPE-PME et d'investir le segment en forte croissance de la 'food delivery' (livraison de repas, NDLR)", a déclaré Amélie Oudéa-Castera, une directrice exécutive de Carrefour en charge notamment de la transformation numérique, citée dans le communiqué.
Désaffection des hypermarchés

Comme ses concurrents, Carrefour souffre de la désaffection des consommateurs pour les hypermarchés en France. Le groupe, sous la houlette de Alexandre Bompard, a lancé un plan de relance qui se focalise notamment sur le commerce en ligne avec un objectif de revenus de 5 milliards d'euros d'ici 2022 contre 850 millions en 2017.

Cette stratégie s'est déjà traduite par une participation majoritaire au capital de la start-up Quitoque, spécialisée dans la livraison de paniers-repas à cuisiner à domicile et créée en 2014.

Au 3e trimestre 2019, Carrefour a vu son chiffre d'affaires global progresser de 2,3% à 20,9 milliards d'euros contre +3,9% lors du trimestre précédent (à magasins comparables). Mais l'activité en France (50% des revenus) continue à souffrir. Les ventes se replient de 0,9% à 9,8 milliards d'euros, la baisse atteint même 3,6% dans les hypermarchés. Dans le même temps, les activités numériques ont bondi de 30%.

Source : BFM Business