Qwant, désormais moteur de recherche par défaut de l'administration
Publié le 10/01/2020

La promotion du moteur de recherche français vise à augmenter sa faible part de marché. Les fonctionnaires pourront en utiliser un autre s'ils le souhaitent.


L'administration française choisit un moteur de recherche… français. D'après la Dinum, la Direction interministérielle du numérique, Qwant sera désormais le moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs et smartphones des administrations françaises. Les responsables informatiques des différents ministères ont été informés cette semaine par une note de Nadi Bou Hanna, le directeur interministériel du numérique.

Cette installation par défaut de Qwant avait été promise par le secrétaire d'État au Numérique Cédric O en mai dernier. Elle doit notamment aider le moteur de recherche français à augmenter sa part de marché qui reste très faible. Toutefois, selon des sources concordantes, le gouvernement a retenu sa décision définitive dans l'attente d'obtenir des assurances sur la pérennité de l'entreprise, menacée par des résultats commerciaux insuffisants. Ces assurances viennent d'être obtenues.

Qwant a annoncé jeudi 9 janvier qu'il allait être recapitalisé par la Caisse des dépôts (CDC) et Axel Springer, deux de ses actionnaires de longue date. Éric Leandri, le dirigeant historique et actionnaire important de Qwant, a renoncé à ses fonctions exécutives, laissant les commandes à un binôme formé de Jean-Claude Ghinozzi, le nouveau patron en titre de Qwant, et Antoine Troesch, un responsable de la Caisse des dépôts nommé président du conseil de gouvernance de Qwant.
Les fonctionnaires pourront toujours utiliser un autre moteur de recherche

Avant de recevoir tous les feux verts de l'administration, les algorithmes et le code de Qwant ont également été audités sous la houlette de la direction interministérielle du numérique (Dinum), avec le renfort notamment de l'Anssi (gardien de la sécurité informatique française) et de la Cnil (gardien de la vie privée des internautes). Ces audits ont été « concluants » en faveur de Qwant, a indiqué à l'Agence France-Presse Nadi Bou Hanna.

Les critères examinés ont été notamment « la capacité en propre d'indexation du Web » de Qwant (c'est-à-dire l'efficacité des algorithmes du moteur de recherche) et « l'absence de collecte de données personnelles des agents publics », selon Nadi Bou Hanna. Qwant sera installé par défaut sur les ordinateurs et smartphones des fonctionnaires, mais ceux-ci pourront modifier ce choix et utiliser un autre moteur de recherche s'ils le souhaitent, a-t-il précisé.

Source : LePoint